Chapitre 10 — L’illusion des choix

J'ai des mœurs à adoucir

Si tu pleures s'te plaît fais pas de bruit

T'as essayé, t'as pas réussi

Si tu meurs, des lèvres vont sourire

J'fais n'importe quoi, j'accuse mon époque

J'entends des voix, c'est pas celles de mes potes

Pas d'signe de croix, le diable au corps

J'vois clair, j'suis l'roi du royaume des borgnes

Columbine – Château de sable

Dès le premier jour de la mission, Arthur était condamné. Il n’avait aucune voie pour s’échapper. Si vous pensez le contraire, c’est que vous sous-estimez la force de la Société des Anges. A sa place, vous auriez suivi le même chemin.

Vous en doutez ? Très bien, je vous propose de jouer à un jeu dont les règles sont simples : vous êtes Arthur Gutain, et vous devez garder votre emploi.



Nous sommes le lundi 31 juillet. Vos six derniers mois ont été un chaos sur le plan personnel et votre travail est votre seul exutoire. Il est 9h30, vous êtes devant votre bureau et , exceptionnellement, vous n’avez rien à faire. Cela vous angoisse car si le responsable des plannings ne vous met pas sur un dossier, vous allez devoir partir en vacances. Or vous n’avez rien organisé car vous n’avez pas vu vos amis depuis longtemps et vous ne voulez pas aller voir vos parents au Sénégal.

Votre téléphone sonne et c’est justement le responsable des plannings qui vous demande dans son bureau. Vous y allez d’un pas décidé. Il vous expose la situation : vous et un de vos collègues êtes moins occupés ces derniers temps et deux dossiers viennent de tomber : l’un demande une très forte responsabilité mais risque d’être « assez challenging » selon ses propres mots tandis que l’autre est plus classique mais très concret. Vous êtes un peu plus senior que votre collègue donc il vous propose de choisir. Laquelle prenez-vous ? La mission compliquée ou la mission classique ?

Nous avons depuis longtemps piraté le logiciel de gestion de MA Consulting. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

Si vous penchez pour la première proposition, vous serez amené vers le dilemme de L’APPEL DE LONDRES, autrement, vers celui de L’ESPRIT DE FETE.



L’APPEL DE LONDRES — Vous avez choisi la mission à haute responsabilité. Félicitations. A 10h vous avez rendez-vous avec Claire Montel. Vous n’avez jamais travaillé avec cette supérieure mais elle vous met tout de suite en confiance. Elle vous explique la mission.

« Un fonds d’investissement nommé Songri Partners détient 20% d’un grand groupe industriel coté. Un changement de stratégie dans leur investissement va les pousser à vouloir racheter l’ensemble des actions du groupe afin de vendre par la suite chaque division de l’entreprise séparément. Avant d’initier l’OPA , ils font appel à nous pour savoir si l’opération est rentable, et pour faire tout le suivi du processus d’achat. Ça va être une mission éprouvante mais passionnante, tu verras ».

Avant que vous partiez, elle vous fait signer un contrat de confidentialité. Vous commencez à le lire. En vous voyant, elle laisse échapper un rire « Ne t’en fais pas, c’est juste une formalité imposée par l’Autorité des Marchés Financiers, mais ça n’a jamais servi à rien ! ».

Durant les semaines qui suivent, vous travaillez comme un fou. Constamment votre téléphone vibre à cause des emails que vous envoient les analystes de Songri Partners. Ils vous demandent un nombre incalculable de modèles, de rapports, et d’études de marchés. Jamais ils ne vous remercient ou ne vous font de retours positifs. A tel point que vous développez une véritable aversion dès que vous entendez le nom de ce fonds d’investissements.

Le 22 août, vous recevez un message sur LinkedIn d’un partner de Black Long Capital, un important fonds d’investissements basé à Londres, car il souhaite vous rencontrer pour un entretien d'embauche. Vous relisez le message une vingtaine de fois, vous n’osez y croire. Cette proposition arrive à point nommé pour vous. Après deux ans en fusion-acquisition, c’est le bon moment pour entrer dans un fonds, dont le travail est plus opérationnel et plus prestigieux. De plus, le fait que le poste se situe à Londres vous enchante. Cela vous permettra de prendre un nouveau départ dans votre vie. Seulement, il y a dans tout ça un point négatif : Black Long Capital a une réputation de prédateur, n’hésitant pas à jouer avec les limites de la légalité (et surtout de la morale) pour être performant et vous n’êtes pas tout à fait sûr de vouloir travailler dans un tel environnement. Vous répondez au message et le partner vous propose de venir dans leurs locaux le dimanche 27 août afin que vous n’ayez pas à justifier une absence à votre poste. Que décidez-vous : d’aller à Londres pour rencontrer l’équipe de Black Long Capital ou de ne pas y aller ?

Black Long Capital recherche depuis longtemps un analyste et nous avons fait en sorte que votre profil apparaisse parmi les recherches. C’est comme ça que le partner vous a contacté. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

Si vous décidez de ne pas y aller, vous allez être contraint d’être sur votre lieu de travail le dimanche 27 août pour avancer votre délicate mission et vous ferez face au choix nommé SUNDAY AT WORK. Si vous choisissez au contraire de prendre votre billet d’Eurostar, vous allez être confronter au choix LA VALEUR DE L’INFORMATION.



LA VALEUR DE L’INFORMATION — Vous avez décidez de vous rendre à l’entretien. A 10h le dimanche 27 août, vous visitez les locaux de Black Long Capital. C’est une jeune analyste qui vous fait visiter. Elle est très avenante, vous sympathisez directement. Elle a à peu près le même parcours que vous. Elle vous montre la salle de sport, le service de pressing, les espaces de détente à chaque étage. Elle parle de ses horaires plutôt légers pour le secteur, de l’ambiance agréable de travail, de la vie à Londres. A 11h, vous passez un premier entretien technique qui ne vous pose pas de grandes difficultés. Ils vous demandent de revenir à 14h pour une série d’entretiens avec l’équipe. Vous vous baladez pendant ce temps dans le quartier. Vous êtes séduit par ce quartier d’affaires, par les accents que vous entendez. Vous vous voyez déjà faire partie de ce monde. A 14h, on vous explique que vous allez passer six entretiens de trois-quarts d’heure. Vous voyez chaque membre de l’équipe un par un. Ils vous testent, vous mettent la pression. Vous décrivez plusieurs fois et toujours de façon très détaillée votre travail chez MA Consulting. Le temps est long, vous êtes de plus en plus stressé. Les personnes qui vous font passer les entretiens ont tous le même discours : ils vous demandent des « preuves de votre motivation », ils questionnent « la valeur concrète que vous pouvez apporter ». On vous précise que tout ce que vous direz « restera confidentiel et n’aura aucune conséquence pour vous, à part peut-être d’être embauché. ». Dans le dernier entretien, vous êtes surpris de voir la jeune analyste qui vous a fait visiter les locaux le matin même, accompagnée du Senior Partner. Il vous répète à peu près la même chose que ce qu’on vous a déjà dit. Sauf que cette fois-ci, l’analyste ajoute un commentaire beaucoup plus direct :

« Pour vous donner un exemple, lors de mon entretien d’embauche, je n’ai pas hésité à donner une information de marché pour montrer ma motivation ».

Le Senior Partner enchaîne en vous demandant :

« Qu’est-ce que vous pouvez nous dire qui aurait de la valeur pour nous ? »

Que décidez-vous : de parler de l’OPA que souhaite faire Songri Partners ou de partir sans rien dire ?

Les membres de Black Long Capital mettent toujours beaucoup de pression durant ces entretiens et poussent systématiquement les candidats à donner des informations confidentielles sur leurs dossiers en cours. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

CHOIX A : VOUS PARLEZ DE L’OPA — Black Long Capital saute sur l’occasion pour acheter des actions du groupe industriel coté afin de bloquer l’opération. Ce soudain achat par un fonds concurrent éveille des soupçons chez Songri Partners. Ils mènent dans la foulée une enquête et votre entretien est découvert. Vous êtes viré dans l’heure et pour ne pas faire parler plus de l’affaire, jamais Black Long Capital ne vous recrutera. Vous avez perdu.

CHOIX B : VOUS NE PARLEZ PAS DE L’OPA — Vous recevez le lendemain l’appel d’un membre de Black Long Capital pour vous dire que vous n’êtes pas pris. Il vous dit que vous avez été stupide de ne rien dire, qu’un de vos collègues moins scrupuleux a été recruté à votre place. Il rajoute que si vous avez une information qui peut vous rapporter, vous devriez en profiter. « Tout le monde fait ça ». Vous plongez alors dans une colère noire. Vous avez raté l’occasion d’une vie pour protéger les intérêts de Songri Partners, un fonds que vous haïssez.

Alors que vous êtes toujours dans un état profond d’énervement, vous recevez un appel de votre banque quelques heures plus tard vous proposant de faire des placements. Vous n’hésitez pas une seconde et achetez pour votre compte des actions du groupe industriel, le cours de l’action allant forcément remonter suite à l’annonce de l’opération. Cet achat est pour vous une revanche face à Songri Partners.

Je me permets une petite précision : les deux appels que vous avez reçus aujourd’hui venaient de complices de la Société des Anges spécialisés en rhétorique.

Juste avant le lancement de l’OPA, l’Autorité des Marchés Financiers fait une inspection pour voir si des délits d’initiés ont eu lieu. Ils voient rapidement que vous détenez des actions. Vous êtes viré dans l’heure. Vous avez perdu.



L’ESPRIT DE FETE — Vous n’avez pas choisi la mission à haute responsabilité mais celle plus classique. A 13h vous avez rendez-vous avec Julien Séda un partner de 40 ans qui a la réputation d’être terriblement exigeant. Il vous explique très rapidement la mission : trouver des acheteurs pour une société d’évènementiel, BarFlam Event.

Malgré la sévérité de Julien Séda, vous êtes plutôt à l’aise dans ce dossier. Vous travaillez beaucoup, principalement à la création du business plan. BarFlam Event offre à tous les analystes de votre société des invitations pour un festival qu'elle organise en banlieue parisienne le dimanche 27 août.

La veille, vous recevez un message de la part d’un de vos anciens amis de lycée que vous n’avez pas vu depuis 7 ans. Il vous dit qu’il est bloqué à Paris à cause de l’annulation de son train et qu’il cherche un endroit où dormir ce soir et demain.

Que décidez-vous ? Soit vous invitez votre ancien ami au festival, soit vous décidez d’être raisonnable en allant travailler ce dimanche pour préparer la présentation que vous devez faire au conseil d’administration le lundi matin.

C’est nous qui avons fait annuler les billets de train de votre ancien ami et qui avons bloqué les autres messages qu’il a envoyés aux personnes qu’il connaissait à Paris, et c’est aussi nous qui avons fixé la date du conseil d’administration. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

Si vous décidez de travailler ce dimanche 27 août, vous serez confronté au choix SUNDAY AT WORK, alors que si vous décidez d’aller au festival, vous aurez le dilemme BOIRE OU RESPIRER.



BOIRE OU RESPIRER — Vous retrouvez votre ami le samedi soir. Vous êtes très contents de vous revoir. Depuis 7 ans, vous avez eu des vies totalement différentes, mais votre conversation reprend naturellement. Il est super content d’aller au festival avec vous. Vous êtes aussi rassuré qu’il soit là. Au fond de vous, vous savez que s’il ne vous avait pas envoyé de message, vous n’y seriez jamais allé : tous les analystes de MA Consulting vont ramener des amis à ce festival, vous ne vouliez pas être le seul à ne pas avoir d’invité.

Le lendemain vers 15h, vous êtes au festival. Vous allez avec votre ami de scène en scène. Il connaît la plupart des artistes qui jouent, vous ne pouvez en citer plus de deux. Vous réalisez que c’est un habitué de ce genre de festival. Il fait souvent la fête et adore la musique électronique. Cela se voit à l’aisance qu’il a en dansant. Vous essayez de vous motiver comme lui mais vous avez du mal. Pourtant, autour de vous, les gens s’amusent, s’embrassent, dansent. Votre ami vous demande ce qui ne va pas. Vous répondez que vous travaillez demain et que vous avez donc du mal à vous mettre dans l’ambiance. Il vous propose de vous acheter de la coke pour profiter du festival sans avoir mal à la tête le lendemain. Il rajoute « c’est moi qui offre, pour ton hospitalité ! Tu vas voir ce n’est pas grand-chose, tu vas juste te sentir chaud ! ».

Que décidez-vous : de prendre de la cocaïne ou de rester raisonnable et de continuer seulement à boire des bières ?

Depuis deux mois, un agent de la Société des Anges suit la consommation de cocaïne de votre ami. C’est en partie à cause de nous qu’il est accro. Il est tout à fait naturel pour lui de vous en proposer. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

CHOIX C : VOUS PRENEZ DE LA COCAÏNE — Vous vous sentez bien. Quand vous dansez, vous trouvez ça cool. Quand vous parlez aux filles, cela fonctionne. Vous n’arrêtez pas de sourire. Vous aimez ce que vous êtes. Vous vous trouvez bon dans votre vie, bon dans votre travail. Et si aujourd’hui était le début d’une nouvelle ère ? Vous avez eu une mauvaise passe, mais c’est maintenant fini : vous allez prendre votre vie en main. Et vous allez commencer par le dossier BarFlam Event. Vous allez vous battre au sein de MA Consulting pour que tout le monde voit que vous êtes le meilleur. Vous pensez à cela tout en dansant sur le rythme de la musique. Tout va bien. Au loin, vous voyez le PDG de BarFlam Event. Vous courez pour aller lui parler. Vous lui resituez qui vous êtes. Vous tenez un discours poli mais ponctué d’un peu d’ironie. Les gens qui l’entourent rient à vos blagues. Vous lui parlez de la vente rapidement. Il vous remercie et s’en va plus loin. Vous êtes content de vous.

Le lendemain à 8h, alors que votre ami est déjà parti pour prendre son train, vous recevez un appel de Julien Séda qui vous dit qu’il a reçu un email du PDG de BarFlam Event qui a qualifié de déplorable votre attitude de la veille. Il menace de retirer le mandat de vente à MA Consulting. Vous ne le savez pas, mais les gens qui entouraient le PDG et qui vous ont tant mis en confiance n’étaient pas des amis du PDG mais des complices de la Société des Anges. « Pas la peine de venir au travail aujourd’hui ». Vous êtes viré. Vous avez perdu.

CHOIX D : VOUS NE PRENEZ PAS DE COCAÏNE — Votre ami en prend cependant. Pour ne pas être rabat-joie, vous buvez quelques bières. Vous voyez le PDG de BarFlam Event mais vous vous cachez de lui. Vous êtes un peu ivre, vous avez trop peur de dire une bêtise.

Le lendemain est pour vous un enfer. Vous avez mal à la tête, votre estomac vous brûle. Il est 10h, vous êtes en retard à votre rendez-vous. Vous pensez que vous avez trop bu. C’est en partie vrai. Ce que vous ne savez pas, c’est que le principal bar du festival était tenu par un agent de la Société des Anges et que l’alcool qu’il vous a servi était frelaté, ce qui explique votre état. Vous arrivez enfin à la réunion avec le conseil d’administration. Julien Séda vous regarde avec sévérité. Vous n’avez même pas pris le temps de prendre une douche. Votre voisin vous tend un croissant. Vous croquez dedans mais vous vomissez sur la table. Vous êtes évidemment viré. Vous avez perdu.



SUNDAY AT WORK — Si vous êtes ce dimanche sur votre lieu de travail c’est que, confronté aux choix précédents, vous avez décidé de ne pas aller à l’entretien proposé par Black Long Capital, ou au festival organisé par BarFlam Event. Vous auriez pu travailler de chez vous, mais internet ne fonctionne pas depuis trois jours à votre domicile. C’est évidemment la Société des Anges qui est responsable de cette coupure. Vous ignorez tout cela. De votre point de vue, vous êtes le seul responsable de votre présence ce dimanche dans cet open-space vide.

Vous recevez un appel de Louis de Saint-Corverre, le supérieur avec qui vous travaillez la plupart du temps. Il est très direct dans sa demande : il cherche une information sur le serveur de la société mais il n’arrive pas à s’y connecter depuis l’extérieur. Vous lui dîtes que depuis les bureaux cela fonctionne et que vous pouvez faire la recherche pour lui. Il souhaite savoir quelles offres ont été faites pour l’achat de la division espagnole d’Auchan. La vente d’Auchan Espagne est l’un des plus gros deals de MA Consulting. Vous êtes surpris par sa demande car ni lui ni vous ne travaillez sur ce dossier. Il vous explique que Demagny AM, fonds d’investissement qui fait souvent appel à MA Consulting pour la vente de ses actifs, est intéressé par la reprise de la division espagnole d’Auchan. Ils veulent absolument faire la meilleure offre, mais pas une offre trop chère non plus. Les dirigeants de Demagny AM ont fait pression sur Louis de Saint-Corverre pour connaitre les offres déjà faites afin d’en faire une légèrement supérieure à la plus haute. Donner une telle information, en plus d’être totalement immoral, rompt le contrat de confidentialité que MA Consulting a signé avec Auchan le 10 Mai dernier.

Que décidez-vous : vous transmettez l’information ou vous osez répondre à votre supérieur que vous ne pouvez pas faire cela ?

C’est grâce aux contacts du Dieu de la mission que nous avons pu faire pression sur votre supérieur. Vous ne pouvez pas échapper à ce choix.

CHOIX E : VOUS DONNEZ L’INFORMATION — Quelques jours plus tard, la direction d’Auchan est mise au courant de l’arrangement entre MA Consulting et Demagny AM. L’affaire va beaucoup faire parler d’elle. Vous et votre supérieur êtes licenciés le jour même. Vous avez perdu.

CHOIX F : VOUS NE DONNEZ PAS L’INFORMATION — Le lendemain, Demagny AM annonce au directeur de MA Consulting qu’ils ne travailleront plus jamais avec eux. Le directeur cherche alors à savoir ce qu’il s’est passé, votre supérieur remet directement la faute sur vous qui n’avez pas coopéré. Vous êtes viré. Vous avez perdu.



Vous avez perdu. Ce n’était qu’un jeu mais vous l’avez perdu. Face à vous, le Dieu a gagné. Le jeu était truqué mais comme un enfant qui triche, il est tout de même satisfait d’avoir gagné.


Pour Arthur Gutain qui a suivi exactement un de ces parcours, ce n’était pas un jeu mais sa vie. Le 1er Septembre il se trouvait sans emploi en regrettant amèrement ce qu’il avait fait.

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