Chapitre 13 — La fin de la mission

J’connais plus trop l’goût de mes larmes

J’ai un grain, j’roule une graine

J’ai quelques projets qui naissent

Tous fécondés par la haine

Y’a rien à voir et ma rétine se tourne les pouces

Donc j’ferme les yeux, et l’obscurité j’épouse

PNL – Mexico

Arthur prit l’avenue Simon Bolivar puis remonta la rue de Meaux. Il descendit l’avenue Jean Jaurès et continua sur la rue La Fayette. Arrivé au niveau du métro Louis Blanc, il s’arrêta dans un troquet, commanda un café, et demanda s’il pouvait charger son téléphone. Il attendit une demi-heure que son téléphone se recharge avant de le récupérer. Il le déposa devant lui et déroula la liste de ses contacts en cherchant qui il pouvait appeler. Il essaya de joindre Antoine Chovin (appels émis le 11 novembre 2017 à 14h38, 14h42, et 14h50), Sophie Mouché (appel émis le 14 novembre 2017 à 15h05), et Stéphane Boujant (appels émis le 11 novembre 2017 à 15h23 et 15h 27). Pour chacun de ces appels, il hésita longtemps avant d’oser les passer. Evidemment aucun de ces appels ne s’afficha sur les téléphones de leurs destinataires mais Arthur pensa qu’aucun de ses amis ne voulait lui répondre. Vers 16h, il chercha dans sa poche de quoi payer son café mais constata qu’il n’avait pas une pièce. Il regarda furtivement vers le bar, prit son sac et partit sans rien laisser.

A ce moment des missions, lorsque les Sujets ont tout perdu, ils sont imprévisibles. Je le suivais, cent mètres derrière lui, et un membre de mon équipe était dans une rue adjacente.

Il arriva sur la rue d’Hauteville qu’il descendit jusqu’au boulevard Poissonnière. Il tourna à gauche sur le boulevard Saint-Martin. Arrivé à République, il s’assit au pied de la statue et observa les skateurs tenter des figures pendant une bonne heure. Il se releva et marcha vers le boulevard Voltaire. Il tourna à droite, rue Oberkampf, puis encore à droite sur le boulevard des Filles du Calvaire qui se transforme quelques mètres plus loin en boulevard du Temple. Il retomba sur la place de la République. Il paraissait surpris d’être retourné sur ses pas. Il s’allongea dans un des parcs du Canal Saint-Martin et dormit quelques heures.

A son réveil, il avait froid. Malgré la nuit, je pouvais le voir trembler. Il attendit que le jour se lève pour repartir.

Il se planta devant une boulangerie en regardant avec envie les baguettes qui sortaient du four. Il avait faim. Terriblement faim. Il comprit que la faim ne signifiait pas « vouloir manger», mais ne pas pouvoir. N’avoir aucune possibilité d’assouvir ce besoin vital et être torturé de peur par l’idée que cela n’arrive jamais. Il marcha quelques mètres et vit des jeunes de son âge faire la manche à la sortie du métro de la rue du Faubourg du Temple. Il hésita, tendit la main, puis la remit dans sa poche.

Il ne pouvait pas se résoudre à faire la manche. Pas ici du moins, pas à Paris où il pouvait croiser n’importe qui.

Il remonta le boulevard Magenta, tourna rue du Faubourg Saint-Martin pour arriver devant la gare de l’Est. D’un pas décidé, il entra dans le hall.

Nous continuâmes de le suivre. Il était sous le tableau de bord, cherchant une destination.

Il monta dans le train présent au quai 9. Nous fîmes de même.

Un peu moins de deux heures plus tard, nous arrivions à Strasbourg. Je le retrouvai assis à l’entrée de la gare avec, cette fois-ci, la main tendue vers les passants. Il attendit toute la journée sans rien recevoir. Peut-être n’avait-il pas assez l’apparence d’un clochard pour recevoir de l’argent. Quand la nuit arriva, il faisait déjà très froid. Il se leva pour bouger un peu, fit le tour de la gare puis s’assit près du distributeur où il attendit.

Caché de l’autre côté de la place, l’agent qui m’accompagnait le surveillait pendant que je cherchais à joindre l’Archange. Lorsque je revins près de là où j’avais quitté mon agent, je le vis déposer un billet dans la main d’Arthur.

« Qu’est-ce que tu viens de faire ? lui demandai-je paniqué lorsqu’il revint près de moi.

— Je lui ai donné un billet de 20 balles, on ne peut pas attendre sans rien faire que l’Archange nous autorise à passer à la deuxième partie de la mission !

— Qui t’as permis de faire ça ?

— Je m’en fous de ta permission, je ne pouvais pas rester sans rien faire.

— Tu ne comprends pas, tout ce qu’on fait doit être réfléchi, maitrisé. Tout ce qu’on fait a des conséquences, on ne peut pas se permettre d’improviser.

— Si on ne fait rien, il va crever !

— Regarde ce que t’as fait ! »

Mon agent se retourna et constata horrifié qu’un groupe de clochards était en train de ruer de coups Arthur pour récupérer son billet de 20 euros et que celui-ci gisait au milieu d’eux, recroquevillé pour protéger son argent. Il s’apprêtait à se précipiter vers eux quand je le retins par le bras.

« Tu ne penses pas avoir fait assez de conneries ?

— Tu ne veux rien faire ?

— On ne peut rien faire pour l’instant. C’est le Dieu qui décide si on peut sauver ou pas Arthur. Si on le fait sans son autorisation, non seulement Arthur sera dans la merde, mais nous aussi. C’est dangereux. La seule chose que tu peux faire pour te rendre utile, c’est de filmer ce qui se passe. »

Je retentai d’appeler l’Archange.

Soudain, un vieil SDF fonça avec son caddie vers le groupe qui tabassait Arthur en hurlant pour les faire fuir. Le groupe se dispersa et le vieil homme aida Arthur à se rassoir.

« Ne t’inquiète pas mon garçon, tu saignes mais c’est très superficiel. Je dois avoir de quoi te soigner. »

Le vieil homme plongea la tête dans son caddie pendant qu’Arthur observa son sauveur. Il était habillé d’un short en jean tenu par des bretelles rouges et d’une vielle vareuse bleue marine complétement délavée. Son sourire entouré par une longue barbe blanche lui donnait un air rassurant et sympathique. Il s’assit près d’Arthur avec une bouteille d’alcool à 90° et un mouchoir qu’il appliqua sur le visage cabossé d’Arthur.

« Tu as faim mon garçon ? » demanda-t-il doucement.

Arthur remua légèrement la tête en signe d’approbation et le vieil homme sortit immédiatement un sandwich enroulé dans du papier d’aluminium. Arthur se rua dessus.

« Ça me fait toujours mal au cœur de voir des nouveaux comme toi rejoindre notre monde. Tu sais ce qu’ils te voulaient ces imbéciles ?

— Oui, répondit Arthur d’une voix faible.

— Tu sais parler, c’est une bonne nouvelle déjà ! Ils voulaient ton argent, j’imagine. Tiens prend de l’eau. C’est normal, ils cherchaient à acheter du crack. Tout le monde ici cherche à en acheter. Tu as déjà essayé mon garçon ? C’est formidable, ce truc. Je t’envie tu sais. Rien n’est mieux que la première fois que tu prends du crack. Ça te sort de toi ce machin, et comme tu peux t’imaginer, on a tous besoin de se sortir de soi quand on est dans ce monde-là. »

Il laissa Arthur finir son sandwich et reprit d’un ton plus directif.

« Tu sais quoi ? On devrait utiliser l’argent que tu as et aller en acheter pour qu’on se fasse un trip rien que nous deux. »

Arthur ne répondit pas, il garda sa tête baissée.

« Tu n’es pas très sympa comme garçon, dis-moi. Je te sauve, je te soigne, je te nourris et c’est comme ça que tu me remercies. Tu veux que je rappelle la horde de fous qui t’a ravagé le visage ? Je te demande juste de me suivre dans le parc et on rencontre le vendeur, tu vas voir c’est un copain. »

Sur ces mots, il prit Arthur par le bras qui n’avait pas d’autres choix que de le suivre. Arrivés au parc, ils trouvèrent un homme portant un long anorak assis sur un banc.

« J’ai trouvé un nouveau qui a pas le moral, t’aurais un truc pour nous ? demanda le vieillard.

— Bien sûr, j’ai toujours un truc pour les nouveaux. Bienvenue dans notre monde petit. Vous avez combien sur vous les amis ?

— Montre-lui ton billet, pressa le vieil homme à Arthur ».

Arthur hésita, regarda autour de lui puis tendit d’une main tremblante le billet de 20 euros que lui avait donné mon agent.

« Ça sera suffisant, dit l’homme à l’anorak. J’ai une pipe toute prête, cela vous va ou vous voulez vous l’injecter ?

— Non une pipe c’est très bien. C’est plus adapté pour un début, répondit le vieillard ».

Il la prit, s’éloigna de quelques mètres en tirant Arthur par le bras. Il alluma le foyer de la pipe en plastique et la tendit à Arthur. Ce dernier hésita puis, résigné, tira de longues bouffées.


A vingt mètres d’eux, je me retrouvais impuissant à observer Arthur s’engouffrer dans un mal que je n’avais pas prévu. Je pense que je me souviendrai toute ma vie de la vague de remords qui m’a submergé à ce moment précis. Ne pensez pas que je n’éprouve pas constamment de la culpabilité dans mon métier. C’est un sentiment qui me ronge en permanence, un tiraillement continu. Mais dans le cours normal d’une mission, tout ce que je fais subir au Sujet est maitrisé, je garde la main sur toutes les conséquences. Ainsi je peux contenir et maitriser également mon sentiment de culpabilité. Quand la mission m’échappe, je ne contrôle plus rien, toute mon atrocité, toute mon abomination m’apparait.


« J’ai chaud. Extrêmement chaud, dit Arthur.

— C’est normal. C’est la fumée qui te monte au cerveau. Allonge-toi, lui conseilla le vieillard.

— Je sens le sang circuler dans mon corps, l’herbe coupée sous mes doigts, le vent embrasser mes cheveux.

— C’est que tout se passe bien. Profite !

— Je peux sentir l’air s’infiltrer dans mon nez. Je comprends à quel point cet air est pollué, toxique. Nous mourons peu à peu.

— Oui, tout le monde meurt peu à peu. Maintenant, tais-toi et profite j’ai dit, répondit agacé le vieillard.

— Vous ne comprenez pas. Jamais je n’ai ressenti ça. Je sens mon sang affluer à mon cerveau et lui apporter l’oxygène nécessaire. Jamais je n’ai ressenti ça. Mon cerveau se concentre sur ce que je n’avais jamais vu avant. Je comprends les causes et les conséquences. Le vrai et le faux.

— Qu’est-ce que t’es chiant quand tu es défoncé mon garçon. Tu racontes n’importe quoi. Passe-moi la pipe, c’est mon tour ».

Le vieillard partit sans qu’Arthur ne s’en rende compte. Ce dernier continua à parler à voix haute, seul dans le parc.

« Vous ne comprenez pas ce que je veux te dire. Ecoutez, c’est important : nous mourons peu à peu. Ce n’est pas un slogan, ou une certitude, une croyance ou une hypothèse mais la vérité, l’essence de la vérité. Jamais je n’ai compris quelque chose aussi bien. Jamais je n’ai touché la vérité ainsi. C’est une vérité crue, sans voile. C’est enivrant. Tous les muscles de mon corps se relâchent enfin face à cette vérité. Jamais je n’ai été aussi apaisé. Pour la première fois de ma vie, ma bouche dit des mots vrais. De l’or semble traverser mes veines. Je suis transcendé par cet état de perfection. Je pense à ma vie. Je comprends enfin que toute ma vie n’a été qu’un mensonge à côté de cette vérité. C’est vertigineux de comprendre cela. Maintenant que j’ai touché à cette vérité pure, je ne veux plus revenir en arrière. Je ne veux plus jamais être dans le faux. Mais comment faire pour m’en assurer ? Une chose est vraie ou une chose est fausse. Elle ne peut être l’un et l’autre. Si je prends la peine d’analyser chaque chose avec du recul, de façon lointaine, je peux savoir ce qui est vrai et ce qui est faux. Mais comment savoir si j’ai assez de recul ? « Nous mourons peu à peu ». Cette phrase semble être la plus grande vérité que j’ai dite dans ma vie, mais comment savoir si j’ai tous les éléments nécessaires pour m’en assurer. Suis-je sûr d’être en train de mourir ? Je le sais depuis que je suis drogué. Est-ce que cela veut dire que c’est vrai ou que c’est faux ? La drogue m’apporte-t-elle les clefs nécessaires pour déterminer ce qui est vrai et ce qui est faux ? Un doute m’envahit. Cela me tord l’estomac. C’est terrifiant. Pourquoi ce doute ? Est-ce que mon cerveau se bloque car je comprends enfin la vérité ou parce que tout cela n’est qu’un délire dû à la drogue ? Mais l’un empêche-t-il l’autre ? Je délire mais est-ce que ce que je dis est faux ? Ma tête brûle. Tout mon corps semble s’activer pour rejeter ce doute. Pourquoi ? Car ce doute est vrai et que mon corps a toujours évolué dans le faux ou parce que ce doute a tort et que mon corps cherche à l’éliminer ? Le doute m’amène-t-il vers le vrai ou vers le faux ? Je suis perdu. « Nous mourons peu à peu ». Ces mots n’ont plus le même impact, je ne suis plus sûr de leur véracité. Pourtant c’était avant une vérité dans laquelle je pouvais me plonger aveuglément. Le doute m’a envahi. Il s’est infiltré sous ma peau, a saisi mes os. Mon cerveau tourne en rond. Plus rien ne semble vrai. Il faut que je sorte de tout ça. De ces questionnements. Mais pourquoi je veux en sortir ? De quoi-ai-je peur ? Le doute m’aide-t-il ? Pourquoi le doute me serait utile ? J’ai trop de questions qui me viennent en même temps. Je tourne en rond. Une question remet en cause la réponse précédente. Je ne vois plus le vrai et le faux. Je suis fatigué. C’est de pire en pire. Tout s’accélère. Les questions, le doute, le vrai, le faux, les causes et les conséquences. Je ne m’en sortirai jamais. Je suis seul. Mon cerveau a vrillé. Il tourne en rond sans s’arrêter. Est-ce vrai ? Oui. Je remets tout en question. Le doute est une constante. Le doute est la vérité. Mes entrailles se lacèrent en moi. Je dois sortir de tout ça, de toutes ces questions. Je dois arrêter de tout remettre en question, cela ne fait qu’empirer mon état. Mais j’ai dit que le doute était la vérité. Si j’arrête de tout remettre en question, je serai dans le faux. Ma tête tourne. Pourquoi je veux arrêter de tout remettre en question ? Je vomis. C’est douloureux. Ma gorge brûle et mes yeux pleurent. Pourquoi je vomis ? Est-ce que je rejette quelque chose de mal qui est en moi ? Ou peut-être que je vomis ce que je suis. Est-ce que ces deux hypothèses sont incompatibles ? Je ne suis pas seul ici. Des enfants me regardent. Je leur fais peur. Partez ! Dégagez ! Vous avez raison d’avoir peur ! Quelque chose de dangereux arrive ! J’empeste. Je suis devenu un monstre. Comment ai-je fini ainsi ? L’ai-je voulu ? Cette question vient et revient. Elle percute dans ma tête. J’ai peur de la réponse. Cela veut-il dire que la réponse est oui ? Pourquoi aurai-je voulu être ainsi ? Ma peau me démange. La douleur est trop intense. Le mal est partout. Je me suis transformé en monstre. J’ai tout détruit. J’ai laissé partir Anna sans rien dire. Comme si elle ne représentait rien, comme si elle n’était qu’un détail de ma vie. J’ai anéanti en quelques jours la plus belle chose qui m’était arrivée. J’étais heureux, tout était si parfait. Sans elle je ne suis plus rien, elle me sortait de ce moi, de ce que j’étais. Quand elle est partie, j’ai montré mon vrai visage. Celui d’un homme lâche et méprisable. Mes amis l’ont vu et s’en sont éloignés. Ils ont fui ce que j’étais. Je n’ai pas cherché à les garder. C’était au-dessus de mes forces. Je suis resté cet être bizarre et ridicule dont ils avaient honte. Je me suis acharné sur mon travail mais je n’étais évidemment pas à la hauteur. J’étais le maillon faible d’un ensemble, la pièce défectueuse d’un système. Je suis devenu la honte de ma famille. J’ai toujours été une imposture face à eux. Ils ne savent rien de moi, ils ne comprennent pas la créature que je peux être. Une créature faite de violence et de tristesse qui brûle en quelques secondes sa propre maison. J’avais tout et j’ai tout massacré. Et maintenant, je suis seul et j’empeste. Je ne représente plus rien pour ce monde. Je veux en finir. Je suis un fou, je ne reviendrais plus jamais comme avant. Mon cerveau s’est bloqué. Je dois en finir. C’est la vérité. La plus grande des vérités. Une vérité absolue. Pour tout arrêter : le doute comme la vérité, les causes comme les conséquences. Je veux en finir. C’est la seule vérité. Mourir réconciliera tout : le vrai et le faux, la cause et la conséquence. Il faut que je meure pour mettre fin à tout ça. Je le sais. Je l’ai compris. C’est la seule vérité. Je n’ai plus de questionnement depuis que je le sais, je n’ai plus de doute. »

Arthur sortit du parc, suivi par mon agent.


Je continuais de mon côté d’essayer de joindre l’Archange. Au bout de quarante minutes, il répondit enfin.

« Tu as pu voir la vidéo que nous avons envoyé ?

— Oui, me répondit-il d’une voix gênée. Qu’est-ce que tu penses qu’il va faire maintenant ?

— Il n’a plus le choix, il va chercher à en finir. Il est temps d’enclencher la deuxième partie.

— J’ai eu le Dieu au téléphone ce matin… il n’y aura pas de deuxième partie. La mission s’arrête ici. »

Je le sentais embarrassé. Ce que j’appelais « la deuxième partie » correspond à l’inverse de ce que nous avions fait jusque-là. Il s’agissait de tout réparer dans la vie d’Arthur.

« Je m’en doutais, lui répondis-je.

— Tu sais ce que tu peux faire.

— Je sais.

— Ecoute, je sais que tu t’en fous, mais sache que le Dieu tient à te féliciter pour... »

Je raccrochai avant qu’il ne finisse sa phrase. Mon agent m’appela pour me dire qu’Arthur avait réussi à rejoindre le toit d’un immeuble et qu’il s’apprêtait à sauter.

Je courus à l’adresse qu’il m’avait indiquée. La porte de l’immeuble était ouverte. Je montai quatre à quatre les escaliers. J’accédai au toit par une échelle.

Je vis Arthur prêt à se jeter.

Il pleuvait. Ses pieds étaient sur le rebord du toit. Ses bras étaient écartés. Il regardait cette ville qu’il ne connaissait pas. Il pleurait. Il avait le souffle coupé. Il posa son regard sur la chute qui l’attendait.

6 étages.

Il prit une dernière inspiration.

Cette image d’Arthur juste avant son saut fut la dernière que le Dieu reçut.

C’était fini.

Chapitre 14

Sommaire